• --- A LA MANIERE DE ...

    A la manière de Mme de SEVIGNE


    qui écrit à sa fille Mme de Grignan pour lui conter ses impressions après avoir assisté à une
    représentation de Britannicus !


    Un de mes textes écrit il y a plusieurs années



    A Paris, le 14e décembre  1669



    A Mme de Grignan



    Il faut que je vous conte, ma chère bonne, comment je passai hier ma soirée. On donnait au Théatre francais, une représentation de Britannicus, pièce d'un sieur Racine.
    Nous y allâmes donc Madame de Coulanges et d'autres de mes amies que vous connaissez bien. Je dois vous dire dès à présent que ce Racine avait gratifié son oeuvre du titre pompeux de "tragédie sublime" mais, écoutez donc la suite .....


    Imaginez, ma bonne, la salle du théâtre comble, un public attendant vraisemblablement quelque évènement extraordinaire, impatient, excité. Alors, vous pourrez peut-être concevoir grâce ce tableau hâtivement brossé, l'ambiance ou plutôt l'atmosphère.


    Enfin, après une attente qui, ce me semble dura fort longtemps, le rideau se leva. Vous ne pouvez savoir quels sentiments m'assaillirent alors : mon exaltation tomba tout à coup et seul le décor suffit à me figer.


    Corneille nous fit apprécier il n'y a pas si longtemps de cela le charme d'un décor simple.
    Hélas, que Racine n'a t-il point tiré quelque profit de ce grand maître ! Il faut cependant lui rendre cette justice "cette tragédie sublime" puisque c'est ainsi qu'il faut l'appeler, tient absolument compte des unités de temps, de lieu et d'action.


    Durant toute la pièce,  en effet nous restons devant le même décor grotesque du premier acte. Quant à l'action, je vais vous en parler.


    - Agrippine vient d'apprendre que Néron son fils, a fait enlever une

     jeune fille du nom de Junie qu'elle voulait marier à Britannicus fils d'un certain Claude.- Voyez-vous l'intrigue déjà ? Britannicus, jeune homme loyal et bon, confie donc ses souffrances à son affranchi, Narcisse, qui le trahit auprès de Néron.- Non, nous n'en sortons pas.


    Enfin, après bien des péripéties que je vous conte pas tant, j'ai peur de vous troubler, nous apprenons l'empoisonnement du dit Britannicus héros de cette pièce. Ce dernier trait qui clôt la pièce est aussi le coup de grâce.


    Soyez contente, je vous ai épargné les coups de théatre qui abondèrent entretemps. Ah ! que n'eût-il pas mieux valu entendre du Corneille !


    A t-on déjà oublié les Rodrigue, les Chimène, les Horaces ?


    Voilà, chère, le bilan de cette soirée que vous jugerez comme bon vous semblera, mais que j'ai qualifiée, moi de désastreuse.


    Recevez, ma bonne, toutes mes meilleures pensées et donnez mes hommages à M. de Grignan.

    ©PaulaG

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 6 Février 2014 à 18:12

    Bonjour Paula, j'aime beaucoup ce style, une façon très agréable de décrire la pièce de théâtre, on s'y croirait vraiment !Bonne fin de journée

    Bisous

    Rozy

     

    2
    Jeudi 6 Février 2014 à 23:04

    bonsoir ,merci pour ce partage,bonne fin de soirée ,bisous

    3
    Samedi 8 Février 2014 à 15:41

    Bonjour mon amie Paula,

    sur le moment j'ai bien cru que tu nous livrais vraiment ce que Mme de Sévigné avait écrit à sa fille. Tu as retrouvé son style! Je m'y croyais et sui revenue voir le titre à la manière de...

    Agréable à lire cela; mais moi j'aimais bien Racine, Andromaque Iphigénie et Phèdre et bien sûr les Plaideurs!

    Quels bons souvenirs de je ne sais même plus quelle classe, comme quoi Racine m'a plus marqué que le professeur!

    Bravo mon amie et passe un bon week-end. Je t'embrasse de toute mon amitié.

    J'avais choisi une image d'elle et je me suis aperçue que c'était la même que la tienne.

    Donc j'ai choisi celle-ci où elle soit être plus âgée.

     

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